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À la recherche du cache idéal


Cet article est la traduction-adaptation des résultats de tests sur la qualité des caches diapositives effectués par Franz Waldhäusl, photographe autrichien, publiés pour la première fois en allemand sur le site European Photographers Network et en français dans Vision de janvier et avril 2000.


Tous les photographes pratiquant la diapositive souhaitent que leurs images apparaissent sur l’écran parfaitement nettes et riches de détails; malheureusement, le plaisir des yeux est trop souvent gâché par un manque de netteté et/ou des diapositives qui se bombent sous l’effet de la chaleur.
Si ces défauts peuvent être dus à la qualité des optiques de projection, les caches peuvent aussi en être responsables. Je me suis donc mis en quête du cache « idéal » et vous livre ci-après le fruit de mes tests comparatifs.


Marques et types des caches testés
  • Wess AAA002 - verre AN, 34,8 x 23,4 mm
  • Jedam RSM 35/V - verre AN, 34,8 x 23,4 mm
  • Gepe 2004 - verre AN, cadre métallique
  • Gepe 6050 - verre AN, cadre métallique, ergots de repérage
  • Gepe 7026 - sans verre, cadre métallique, cache noir
  • Hama ProSlide AV - sans verre
  • Quickpoint - verre AN
  • Quickpoint - 1 verre AN, 1 verre normal


Critères d’évaluation
  • Impression globale de netteté
  • Netteté sur les bords
  • Cloquage (effet "pop" - voir note en fin d'article)
  • Possibilités de réutilisation
  • Prix


Conditions de test
Projecteur Leica P600 de 250 W, objectif Colorplan P2 90 mm, f:2,5; distance de projection 3 mètres, alternativement sur écran blanc et argenté.
Les tests ont été réalisés d’une part avec des mires de calage de Bässgen et, d’autre part, avec des diapositives de paysage (chapelle au centre avec mur en briques et mur d’enceinte en briques sur les bords), la mise au point étant faite d’abord sur le centre de l’image, puis sur les bords pour constater d’éventuelles différences.

Les résultats

Wess AAA002
Bien que ces caches (avec ergots de positionnement) soient avec verres, un cloquage marqué se produit après un bref séjour dans le couloir de projection; l’impression globale de netteté est donc mauvaise. En outre, après environ 5 secondes des taches grisâtres-brunâtres apparaissent sur l’image projetée; elles disparaissent au bout d’environ 15 secondes mais sont gênantes. La netteté sur les bords pourrait être bien meilleure, surtout pour des caches aussi onéreux.

Aspects positifs : ces caches sont très faciles à ouvrir et à fermer, et ils ne s’ouvrent jamais intempestivement. En outre, la firme américaine propose une liste impressionnante de caches et d’accessoires que l’on ne trouve pas chez les autres fabricants.
Le prix élevé de ces caches ne se justifie pas par rapport à leurs faiblesses sur le plan optique. Je les place en dernière position.

Jedam RSM 35/V
Ces caches n'ont pas d'ergots de positionnement. L'effet de cloquage est nettement moins prononcé qu'avec les caches Wess mais des taches apparaissent quelquefois après quelques secondes de projection. La netteté sur les bords est nettement meilleure mais n’est pas totalement satisfaisante. Les caches donnent une bonne impression de solidité et sont faciles à ouvrir et à fermer; une charnière bien conçue permet de mettre en place et de retirer facilement la diapositive.

Jedam n’offre pas un choix de caches aussi grand que Wess mais dispose en revanche d’un plus grand éventail de masques à effets.
Compte tenu de leur prix élevé, ces caches se classent également dans le bas du tableau.

Gepe 6050 et 2004
Le modèle 6050 comporte trois ergots de positionnement et est un peu plus léger que le modèle 2004 qui n'en comporte pas (ndlr : la série « Pro » de Gepe, dont fait partie le cache 6050, fait 2,5 mm d’épaisseur et non 3). Tous les deux ont des verres anti-newton et les cadres métalliques intérieurs caractéristiques de la marque.

La netteté sur les bords est remarquable et aucun cloquage ne se produit. Même après un long séjour dans le couloir du projecteur, la mise au point n’est pas modifiée. Les taches brunâtres observées avec les autres caches ne se produisent pas avec ces deux modèles. Je craignais au début que la forte granulation des verres ne nuise à la netteté mais les tests ne l’ont pas démontré.

L’ouverture des caches Gepe tient malheureusement du bricolage. Le choix de caches professionnels est un peu moins grand que chez les autres fabricants. Malgré ces critiques, ces caches sont pour moi les meilleurs; en outre, leur prix est inférieur à ceux de Wess et de Jedam.

Gepe 7026
Il s’agit d’un cache sans verre dit "de présentation", de 2 mm d’épaisseur, en plastique noir avec cadre métallique intérieur. Il offre une remarquable netteté sur les bords, comme les modèles avec verres, mais l’absence de verre fait que l'effet pop est plus marqué. L’avantage des caches sans verre est sans aucun doute que les diapositives peuvent respirer et, ainsi, ne pas craindre le développement de moisissures et champignons.

A conseiller à ceux qui n’ont pas besoin que la diapo soit parfaitement plane (ndlr : certainement pas les diaporamistes !). A noter que la variante 7011 (2 mm, deux cadres métalliques) est prévue pour les paniers LKM et que le modèle 7013, 3 mm d’épaisseur, ne comporte qu’un seul cadre métallique; ces deux derniers modèles sont gris et blanc et non intégralement noirs.

Hama ProSlide AV
Il s’agit d’un cache sans verre, avec ergots de positionnement, qui offre une netteté sur les bords satisfaisante (quoique inférieure à celle de Gepe) et un très bon rapport qualité/prix. À cause de l’absence de verres, le cloquage se produit après un certain temps.
Ces caches sont assez difficiles à ouvrir mais ils sont très bien construits. La fermeture pose des problèmes si l’on veut se passer de l’accessoire prévu à cet effet. Ces caches sont néanmoins recommandables bien qu'ils ne soient pas adaptés pour le fondu-enchaîné étant donné que la fenêtre de projection n'est pas rigoureusement toujours à la même position.


Quickpoint 22436 et 24872
Le cache n° 22436 comporte un verre anti-newton et un verre normal, tandis que le n° 24872 comporte deux verres AN. Les autres catactéristiques sont communes aux deux références : deux points de colle, quatre ergots de positionnement, verre monté sur charnière, une monture grise et une monture blanche, épaisseur 2,8 mm.

La première chose que l’on remarque à la projection est que, à la même distance de projection, l’image projetée avec les caches Quickpoint mesure sur l'écran 124 x 81,5 cm, alors qu’elle est de 126 x 84,5 cmpour les autres (le Gepe n° 2004 faisant 125 x 83) qui correspondent au standard SMPTE (ouverture de la fenêtre de 34,8 x 23,4 mm); il est dommage que ces caches ne respectent pas le standard SMPTE universellement utilisé.

Avec ces deux caches, la netteté sur les bords est mauvaise; en revanche, il n'y a pas d'effet pop et je n'ai pas observé de formation de taches. L'image venant du cache avec un seul verre anti-newton semble un tout petit peu plus nette qu'avec tous les autres caches.
Je n'ai pas du tout apprécié le montage des verres sur charnière; en effet, le verre n'est fixé par un bout d’adhésif que sur un côté, il a donc tendance à tomber quand on referme le cache et risque de rayer le film.
Deux points de colle permettent de maintenir le film en position. Si, comme moi, on porte des gants en coton pour monter les diapositives, il arrive que des fibres adhèrent aux points de colle et soient visibles à la projection; par ailleurs, si on enlève la diapositive, des traces de colle y restent fixées...

Synthèse

Netteté centre/bords
Gepe 6050 et Gepe 2004 : très bien ; quasiment aucune différence entre le centre et les bords.
Jedam RSM 35/V : bien ; une différence entre le centre et les bords est perceptible (moins visible sur les diapos de paysage).
Quickpoint et Wess AAA02 : mauvais ; nette dégradation de la netteté du centre vers les bords.

Netteté au centre
Avec les mêmes diapos tests, mise au point au centre et observation à différentes distances jusqu’à 50 cm de l’écran. Résultats :
Quickpoint 22436 (1 verre AN, 1 verre normal) : excellent.
Tous les autres caches donnent de bons résultats, mais l’image semble un peu moins nette qu’avec le Quickpoint.

Humidité
Des taches grisâtres-brunâtres apparaissent avec les caches Wess et Jedam; leur surface est plus grande sur les Jedam (la quasi totalité de l’image) mais leur densité est plus forte avec les Wess. Elles apparaissent au bout de 5 secondes de projection et disparaissent progressivement entre 15 et 30 secondes.
Phénomène non observé avec les Gepe et les Quickpoint.

Manipulation
Wess : Système de charnière très pratique pour ouvrir et fermer le cache, mais l’angle d’ouverture devrait être un peu plus grand. Les deux montures sont blanches, ce qui n’est pas pratique pour repérer rapidement le bon sens de projection.

Jedam : Système à charnière très pratique et angle d’ouverture plus grand que sur les Wess, ce qui facilite la mise en place du film. Les deux montures sont blanches, même remarque que pour les Wess.

Gepe : Difficile de glisser le film dans les deux fentes de positionnement. Une monture blanche et une grise, ce qui facilite la mise en paniers.

Impression générale
C’est le Gepe 6050 qui a ma préférence. Même si l’image est très légèrement plus douce (c’est quasiment imperceptible), j’aime la grande netteté que ces caches donnent sur l’ensemble de l’image, y compris sur les bords. Ils coûtent moins cher que les Wess et les Jedam. Ils seraient parfaits s’ils n’avaient qu’un seul verre anti-Newton comme les Quickpoint; ce que je n’aime vraiment pas sur ces derniers sont les points de colle et le fait que la vitre, fixée par un seul morceau d’adhésif, bascule trop facilement.

Ceux qui attachent de l’importance à la netteté maximale doivent impérativement utiliser des caches avec verre en prenant la précaution de les stocker plusieurs mois avant emploi afin que les verres s’assèchent bien; le léger voile qui se forme peut être facilement éliminé et ne se reformera plus.

Pour la conservation des diapositives qui ne sont pas destinées à un diaporama, des caches sans verres sont suffisants; on évite ainsi que, sous l’effet de l’humidité de l’air, se développent moisissures et bactéries qui, à terme, endommagent l’émulsion. Voir à ce sujet la fiche technique "Conservation des diapositives".

Alors, le cache idéal ?
Eh bien, il devrait avoir :

  • La charnière de Jedam
  • Les montures grise et blanche de Quickpoint et de Gepe
  • Les masques métalliques de Gepe
  • Les ergots de positionnement de Wess
  • Un verre anti-newton et un verre normal comme Quickpoint.

Franz Waldhäusl - site internet

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Ndlr
On peut toujours rêver... ou on se lance dans la fabrication de ce cache idéal ?

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Ndlr bis
En traduisant cet article, je me suis heurté à un petit problème : comment exprimer en bon français le terme “pop” ou “popping” correspondant à l’effet bien connu que subissent les diapositives non montées sous verre après quelques secondes sous l’effet de la chaleur de la lampe du projecteur. Ne trouvant pas de solution, j’ai envoyé un message électronique à une petite douzaine de diaporamistes lecteurs de Vision.
A ma grande surprise, entre quelques heures et trois jours plus tard, j’ai reçu des messages de presque tout le monde; nombre de ces correspondants ayant même fait des recherches poussées dans la littérature photo ou consulté d’autres experts. C’est très sympathique et je les en remercie ici publiquement.

Si le phénomène est très bien décrit, notamment par MM. Madier et Prissette dans leurs ouvrages respectifs, en utilisant l’expression “la diapositive se bombe”, il ne semble pas y avoir de substantif adéquat. J’ai une forte envie de reprendre l’excellente proposition d’un de mes correspondants, à savoir “effet Venise” (parce que la diapo se gondole), mais je crains que cela ne "cadre" pas avec la haute tenue de ce site !

Un terme qui me plaît bien parce qu’il est très expressif est “cloquage”. Certes, ce terme a une autre acception en technique et correspond notamment à une déformation permanente, ce qui n’est pas le cas avec notre bout de film qui, sous l’effet de la chaleur, se détend avant de se tendre à nouveau quand la température diminue. Je l'ai utilisé dans le cadre restreint de cet article mais sans toutefois prétendre faire œuvre normative. En effet, à l’instar des auteurs du livre “Le diaporama : un loisir, un art, une passion” qui parlent d’«effet pop», plusieurs correspondants suggèrent de ne pas s’en faire et de continuer à utiliser “pop” ou “popping” que tout le monde comprend.
Bon; dommage.
GD


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