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La conservation des diapositives

Sans entrer dans les détails de chimie que l'on trouve dans tous les bons manuels de base de photographie, je m'efforce de donner ci-dessous quelques conseils pratiques en incitant vivement les lecteurs à me faire part de leurs différentes expériences.


Agressions

Notre précieuse diapositive est une petite chose fragile, or elle est soumise à de nombreuses agressions : lumière, humidité, poussières, chaleur, manipulations. Les moyens de stockage décrits dans la fiche "Stockage des diapositives" la protégent en général plutôt bien des agressions physiques directes, à savoir la lumière et la poussière, mais des précautions supplémentaires s'avèrent nécessaires.

Caches

cadres diapos Les caches avec verres peuvent être la meilleure et la pire des choses. Pour assurer une mise au point parfaite lors de la projection, les caches avec verres s'imposent; ils sont en outre exigés, à juste titre, par les règlements des compétitions.

S'ils protègent parfaitement le film contre les poussières, rayures, traces de doigts et autres agressions physiques, ils n'en présentent pas moins un inconvénient majeur : prisonnier entre les plaques de verre, le film ne "respire" pas et son vieillissement s'en trouve accéléré. L'humidité résiduelle contenue dans les différents composants chimiques de l'émulsion et l'humidité présente dans l'atmosphère au moment de la mise sous cache entraînent également une dégradation physico-chimique accélérée et, surtout, le développement de moisissures et champignons.

Pour toutes ces raisons, on conseille vivement de ne pas stocker longtemps des diapositives sous verre et de les remettre dans des caches sans verres dès que les verres ne sont plus indispensables.


Humidité

Si vous devez monter vos diapos sous cache verre, ne le faites pas dès que celles-ci reviennent du labo ni un jour de pluie. Les plus prudents pourront aussi passer les caches au sèche-cheveux (attention toutefois à ne pas incorporer des poussières). J'ai aussi entendu parler du talcage des caches, mais ai quelques doutes sur la viabilité de l'opération car se débarrasser ensuite du talc ne doit pas être une mince affaire !

Je viens de parler du problème de l'humidité piégée dans les caches verre, mais celle-ci attaque aussi les films non montés. Si vous habitez dans un endroit très humide, vous veillerez à stocker les diapositives dans l'endroit le plus sec de votre logement et à placer dans le meuble de rangement ainsi que dans les boîtes contenant les diapos des sachets de cristaux de sel de silice que vous changerez régulièrement (les plus efficaces sont les cristaux qui changent de couleur quand ils sont saturés). On peut se les procurer dans les magasins spécialisés (produits pour laboratoires de chimie, spécialistes de l'isolation des bâtiments) ou au rayon "bricolage" des grandes surfaces. Le conditionnement standard est de 1 kg, et le prix varie fortement, selon qu'il s'agit de simple recharge ou d'un dispositif complet, de cristaux réutilisables ou non après dessication, etc.


Chaleur

Combinée à l'humidité, la chaleur est particulièrement redoutable - sauf pour les passionnés de mycologie. On veillera donc à stocker ses diapositives dans un endroit le plus frais possible, ou au moins tempéré; normalement il ne devrait pas y avoir trop de problème de ce côté, sauf pour les pauvres habitants des régions tropicales - si vous songiez vous installer à Tahiti ou en Guyane, laissez tomber.
Mais, même sêche, la chaleur excessive peut être très néfaste et le projecteur n'est pas le meilleur endroit de villégiature à conseiller aux diapositives (ça tombe mal), vu les températures élevées qui règnent dans le couloir de projection. Sachez que les verres aggravent fortement la situation. Pas trop d'inquiétudes toutefois à avoir pour nous autres diaporamistes car la durée de séjour des diapositives dans le projecteur est généralement suffisamment brève. Il en va en revanche tout autrement lors des séances de "dissection" des diapos en club ou en famille : un peu de coupage de cheveux en quatre, une diapo sous verre et un projecteur de 400 Watts, voilà la recette idéale pour faire apparaître des cloques sur le film.


Duplicatas

Il n'y a donc pas de moyen idéal pour protéger et conserver ses diapositives; les verres les protègent contre les poussières et les risques dûs aux manipulations mais ils accroissent les risques de vieillissement accéléré et de développement de champignons. Il faut donc absolument préserver le précieux original.

Pour les diapositives qui seront souvent manipulées, celles qui seront envoyées dans des concours et pour les diaporamas, le duplicata est encore le meilleur moyen. On stocke les originaux dans les meilleures conditions possibles, sans verres, à l'abri de la lumière, de la chaleur, de l'humidité et des poussières, et on travaille sur les duplicatas. La qualité des duplicatas s'est considérablement améliorée, au point qu'il devient difficile, voire impossible, de distinguer la copie de l'original (dans certains cas, le duplicata "rend" mieux que l'original), même en projection parallèle. Si les copies sont endommagées ou perdues, il restera toujours les originaux.


Numérique

Une autre solution s'offre maintenant à nous et nul doute que les progrès technologiques la rendront de plus en plus fiable et abordable : le numérique.

On peut faire transférer sur CD une centaine de diapositives. Certes, la définition n'est pas encore celle des diapositives originales et le labo n'apporte pas toujours, en qualité et au prix "amateur", tout le soin voulu à la numérisation (balance des couleurs, poussières) mais c'est quand même un formidable moyen de stockage (100 dias dans le volume d'un CD, essayez de trouver mieux) et de sécurité. Malheureusement, le coût de transfert d'une image numérique sur film inversible est encore un peu élevé, mais les prix ont déjà fortement baissé et il n'est pas utopique de penser que cela va continuer.

Enfin, on peut aussi scanner soi-même les diapositives - nombreux sont les clubs qui s'équipent de scanners de diapositives - et stocker les fichiers sur CD Rom. Certes, cela prend du temps mais on maîtrise la qualité et on peut en profiter pour faire des recadrages, retouches et autres interventions avant de graver le disque. Au prix où sont les CD, c'est aussi un moyen de stockage et de sécurité particulièrement compétitif; le DVD, de par sa grosse capacité de stockage, est encore plus intéressant - ŕ condition d'avoir un graveur et d'utiliser une vitesse lente pour le "gravage" (le brűlage en fait).


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