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L'exposition est la base de la photographie puisque c'est elle qui permet "d'écrire avec la lumière". Pour qu'une photo ne soit ni trop claire - surexposée, ni trop sombre - sous-exposée, il faut que le film reçoive exatement la quantité de lumière dont il a besoin, compte tenu de sa sensibilité. La quantité de lumière parvenant au film est réglée par deux dispositifs: l'obturateur, qui restera ouvert pendant un certain temps, et le diaphragme, dont l'ouverture sera plus ou moins grande. La "bonne" exposition sera donc assurée par le réglage de l'un des deux paramètres: l'ouverture (du diaphragme) et la vitesse (d'obturation). Ouverture
Les ouvertures de diaphragme s'expriment par des nombres
qui correspondent au rapport entre la focale de l'objectif et le diamètre
de l'ouverture et qui s'écrivent précédés de
"F/"; chaque valeur correspond à une quantité de lumière
double de celle qui la précède (F/5.6 laisse passer deux fois
plus de lumière que F/8 et deux fois moins que F/4, par exemple).
Voici les principales valeurs d'ouverture normalisées:On parle couramment "d'ouverture" et de "diaphragme". Une "grande ouverture" correspond donc à une petite valeur (2, 2.8, 4) et une valeur élevée (11, 16, 22) correspond à une faible ouverture du diaphragme. C'est simple puisque ça va à l'envers ! On notera que certains appareils (très) simples comportent un diaphragme fixe. Enfin, il est important de faire attention à l'ouverture maximale de l'objectif; celle-ci est gravée sur l'objectif et indiquée dans la notice technique - elle l'est aussi, ou devrait l'être, dans les publicités et autres catalogues car c'est un facteur déterminant au moment de l'achat. En effet, il n'est pas anodin de savoir quelle est l'ouverture maximale que l'on pourra utiliser, par exemple pour faire des clichés en faible lumière ou obtenir le maximum de flou devant et derrière le sujet principal (voir la Fiche technique sur la profondeur de champ). A ce sujet, soulignons que les objectifs à focale variable (zooms) comportent souvent deux valeurs d'ouverture maximale; par exemple 70-210 mm F/3.5-5.6. Cela signifie que la plus grande ouverture (3.5) sera atteinte à la plus courte focale (70 mm) mais qu'elle sera ramenée à la valeur de 5.6 à la plus longue focale (210 mm). C'est évidemment moins bien qu'un objectif dont la plus grande ouverture reste constante quelle que soit la focale... mais c'est plus compliqué et, partant, plus cher! Il n'est pas étonnant que la valeur la moins favorable soit parfois "oubliée" de certains catalogues ou publicités... Vitesse La vitesse d'obturation, simplement appelée vitesse, est le temps pendant lequel l'obturateur restera ouvert et laissera passer la lumière jusqu'au film. On parle aussi de durée d'exposition ou de temps de pose. Quel que soit le type d'oburateur, central ou focal (voir le dictionnaire) les vitesses sont exprimées en fractions de secondes. Celles-ci, comme les ouvertures de diaphragme, sont normalisées au plan international: Comme pour les valeurs de diaphragme, le passage d'une valeur à la suivante a pour conséquence que deux fois moins de lumière (ou, dans l'autre sens, deux fois plus) atteindra le film. On notera que, pour les durées d'exposition supérieures à la seconde et surtout pour les très longs temps de pose (plusieurs minutes), la progression ne se fait plus nécessairement par valeurs doubles car d'autres phénomènes complexes entrent en jeu. Le couple On a vu au début que le réglage de l'exposition se fait en modifiant à chaque fois un seul des deux paramètres: ouverture ou vitesse. On peut aussi modifier les deux paramètres en même temps, sachant qu'ils forment un couple donnant (théoriquement) la même exposition. Ainsi, par exemple une ouverture de F/2 et une vitesse de 1/500 donneront la même exposition que F/8 à 1/30. Nous parlons bien ici uniquement d'exposition car les résultats seront certainement différents (profondeur de champ, flou de mouvement, notamment).
C'est la raison pour laquelle il ne faut pas se fier aveuglément
à l'automatisme de l'appareil mais choisir d'abord l'ouverture
ou la vitesse qui conviendront le mieux au sujet à photographier.
On a donc tout intérêt à avoir un appareil dont l'automatisme
est débrayable. Par exemple, si l'on veut donner la priorité
à la profondeur de champ, on choisira un diaphragme fermé
(grande valeur) pour qu'elle soit la plus grande possible ou une grande
ouverture (petite valeur) pour isoler le sujet grâce à une
faible profondeur de champ. En revanche, si la vitesse est primordiale (vitesse
rapide pour figer un sujet en mouvement ou pour éviter le flou de
bougé, ou vitesse lente pour créer un filé) c'est elle
qu'il faudra choisir en premier lieu. En fonction du choix (intelligemment)
fait par le photographe, la cellule de l'appareil ajustera (mode automatique)
ou proposera (mode semi-automatique) le paramètre correspondant du
couple.Les appareils perfectionnés ne font pas plus que cela avec leurs divers modes programmes. Ayant en mémoire tous les couples ouverture/vitesse possibles en fonction de toutes les sensibilités de films, suivant le "programme" choisi par le photographe ils donneront par exemple la priorité au couple vitesses lentes/faibles ouvertures ou à la combinaison vitesses rapides/grandes ouvertures, etc. La cellule
Nous allons parler de la "cellule à main", cellule
photoélectrique ou posemètre, qui a pour fonction de mesurer
la lumière. La plupart des appareils d'aujourd'hui, sinon tous, disposent
d'une cellule incorporée qui, couplée à un microprocesseur,
assure le réglage des paramètres d'exposition (ouverture et
vitesse) automatiquement, ou vous propose les réglages adéquats.Les cellules incorporées mesurent la lumière réfléchie par le sujet. Tout va bien lorsque le sujet est éclairé à peu près uniformément; mais les choses se compliquent lorsque le sujet qui, pour le photographe, est le sujet principal n'occupe qu'une faible surface de l'image et reçoit un éclairement nettement différent du reste de la zone. L'illustration la plus fréquente est celle de personnages sur fond de neige, de sable, etc. L'inverse
est également valable, comme on peut le voir sur la photo ci-contre.
La cellule incorporée qui ne sait pas, elle, quel est le sujet principal
du photographe va s'efforcer de redonner à la scène une valeur
correspondant au gris moyen à 18% pour lequel elle a été
étalonnée. La réflectance de la neige et du sable est
de l'ordre de 60 à 80%, celle de l'herbe et des arbres est d'environ
5 à 10%. Le résultat n'est pas difficile à imaginer:
sous-exposition (en cas de fond clair) ou sur-exposition (en cas de fond
sombre) puisque la cellule croit être en présence d'un sujet
d'un gris moyen à 18%. Or le photographe ne veut pas de gris ni de
moyenne, il veut que "son" sujet soit bien exposé.Une des solutions consiste à mesurer non pas la lumière réfléchie par le sujet, mais celle qu'il reçoit et qu'on appelle lumière incidente.
Que les skieurs ou les joueurs de football soient blancs ou noirs, que le
fond soit clair ou sombre, ils reçoivent une certaine quantité
de lumière, et c'est celle-ci que l'on mesure avec le posemètre
à main (photo ci-contre) et non celle qui revient vers l'appareil
photo.On remarque sur l'image une demie boule blanche: c'est le dispositif intégrateur qui doit être mis en place devant le capteur avant toute mesure de lumière incidente. Ensuite, on place le posemètre devant le sujet en le dirigeant vers l'appareil (voir illustration ci-dessous); c'est la mesure classique en studio, pour les portaits, les natures mortes, etc.
Si l'on ne peut pas se placer devant le sujet, il faut trouver un endroit
ayant le même éclairement, le plus important étant de
ne pas diriger la cellule vers la lumière mais vers l'appareil photo
(ou l'endroit où se trouvera l'appareil); on observe souvent les
photographes professionnels pratiquer de la sorte pour les photos de sport
ou de spectacle.Les posemètres indépendants peuvent également être utilisés pour mesurer la lumière réfléchie; il faut alors enlever la calotte blanche de devant le capteur. Certains posemètres permettent aussi d'effectuer des mesures ponctuelles ("spot") sous un angle extrèmement réduit - ils sont alors équipés d'un viseur pour cadrer avec précision la zone sur laquelle on fait la mesure. Enfin, bon nombre des posemètres indépendants modernes font aussi office de flashmètre, comme le modèle représenté ici, ce qui est un atout considérable car on a ainsi deux appareils très utiles en un. Dessins : Trub - Photo : Gérard Vandystadt |
