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La macrophotographie


dessin de Trub
Bonnettes - Bagues-allonge - Soufflet - Objectif macro - La lumière


Le terme de macrophotographie ne devrait, stricto sensu, être utilisé qu’à partir du moment où la taille du sujet photographié est égale ou inférieure à celle qu’il aura sur le film ou le capteur, soit un rapport de grandissement de 1/1 ou plus. L’usage s’est néanmoins progressivement établi de parler de macrophotographie même si, pour les puristes, il s’agit de proxy-photographie ou photographie rapprochée, ce notamment sous la pression des fabricants d’optiques qui baptisent «macro» des objectifs ne permettant pas en fait de dépasser le rapport 0,5, voire 0,3.

Qu’importent donc les appellations pourvu qu’on ait l’ivresse de réussir des photos de petits objets, insectes, fleurs, etc. Pour y parvenir, quelques accessoires et précautions sont indispensables.



Bonnettes

BonnettesL’accessoire le plus facile d’emploi et le moins cher est la bonnette, autrefois appelée bonnette d’approche, qui, comme un filtre, se visse tout simplement à l’avant de l’objectif et va produire un effet de loupe. Différents modèles sont disponibles: du plus simple (une seule lentille) au plus complexe (deux lentilles avec traitements de surface et correction des aberrations plus ou moins poussés) et il est inutile de préciser que ces différences se retrouvent directement au niveau du prix.
BonnettesLes bonnettes sont souvent proposées en kits de deux ou trois, offrant différentes puissances de grossissement et pouvant être associées pour atteindre des rapports extrêmes (jusqu’à x6 par exemple).

Avantages: faible coût; facilité d’emploi; pas de perte de lumière; pas d’incidence sur le fonctionnement de la cellule et autres automatismes.
Inconvénients: légère perte de qualité (surfaces air/verre supplémentaires, aberrations optiques et/ou chromatiques); tâtonnements pour trouver la bonne combinaison de bonnettes permettant d’atteindre le rapport de grandissement voulu.


Bagues-allonges

BaguesAussi appelées tubes-allonges, il s’agit de bagues de quelques centimètres (2-3) d’épaisseur, ne comportant aucun élément optique, que l’on monte entre le boîtier et l’objectif afin d’augmenter le tirage optique pour rapprocher la mise au point. Le facteur de grandissement est naturellement fonction de l’augmentation du tirage (épaisseur des bagues) et il est inversement proportionnel à la focale de l’objectif (plus la focale est courte et plus le rapport sera grand).

Les bagues-allonges peuvent être achetées à l’unité mais on les trouvera le plus souvent en kits de trois bagues d’épaisseurs différentes, ce qui permet d’obtenir jusqu’à sept combinaisons de grossissement. Si les bagues n’altèrent pas la qualité optique et ne sont pas fragiles puisqu’elles ne comportent aucune lentille, en revanche l’allongement du tirage entraîne une forte perte de luminosité (de 1 à 3 valeurs de diaphragme). Enfin, on veillera à acheter un modèle parfaitement compatible avec le boîtier afin de préserver la mesure de la lumière et la transmission des données entre le boîtier et l’objectif assurant les divers automatismes.
A noter qu’il existe aussi des tubes-allonges spécialement conçus pour la reproduction de diapositives.

Avantages: coût modéré; préservation de la qualité optique; faible fragilité; forts grandissements.
Inconvénients: forte «consommation» de lumière; tâtonnements fastidieux pour trouver la bonne combinaison de bagues pour obtenir le rapport de grandissement voulu.


Soufflet

SouffletComme les bagues-allonges, le soufflet permet d’allonger le tirage optique et d’obtenir de forts rapports de reproduction, mais dans des proportions beaucoup plus importantes. La variation du tirage se fait en continu et est donc beaucoup plus rapide et précise qu’avec les bagues; en revanche, le soufflet est beaucoup plus encombrant et lourd, plus cher, un peu plus fragile et nécessite quasi obligatoirement l’utilisation d’un pied. (Le soufflet sur la photo ci-contre est équipé d'un dispositif de reproduction de négatifs ou de diapositives).

Il est possible d’atteindre des facteurs de grandissement très élevés et, dans ce cas, de monter les objectifs en position inversée pour obtenir la meilleure qualité optique (voir la photo ci-dessous à droite). Certains soufflets assurent aussi la bascule et le décentrement (par exemple, pour corriger les perspectives, augmenter la profondeur de champ, recadrer une diapositive, etc.). Vu les très forts rapports de reproduction qu’il permet d’atteindre (surtout avec des objectifs de courte focale montés à l’envers), et les problèmes d’éclairage qui en résultent, son usage sera plutôt réservé aux photographes spécialisés et chevronnés.

Avantages: rapports de grandissement très élevés sans perte de qualité; variation en continu du tirage; accessoires; nombreuses fonctions sophistiquées.
Inconvénients: prix; complexité; encombrement, poids et relative fragilité; forte à très forte «consommation» de lumière.


Objectif macro

Objectif macroSoufflet et objectifLe véritable objectif macro permet de passer en continu de l’infini au rapport 1/1 en tournant simplement la bague de mise au point, c’est dire si la facilité d’emploi est grande! En outre, sa formule optique est étudiée pour donner un piqué remarquable à tous les rapports de grandissement et ne pas entraîner une trop grande déperdition de lumière. Il est en général possible de monter ces objectifs à l'envers avec une bague d'inversion, soit directement sur le boîtier, soit sur un soufflet pour atteindre de forts rapports de reproduction. Evidemment, le prix s’en ressent mais il faut considérer qu’il peut remplacer un objectif de focale équivalente. La plupart des marques ont à leur catalogue au moins un «vrai» objectif macro dont la focale est généralement comprise entre 50 et 100 mm.
Il existe aussi des objectifs de plus longue focale (200 mm) dont le prix les destine plutôt aux spécialistes, certains étant même équipés d’un flash annulaire intégré.
A côté de ces objectifs, on trouve aussi couramment des zooms ou téléobjectifs ayant une «position macro»; comme nous l’avons dit au début, ils n’atteignent généralement pas le rapport 1/1 mais plutôt x0,3, ou moins, ce qui est quand même bien pratique pour réaliser des photos rapprochées d’objets de petites dimensions (fleurs, par exemple) sans trop de complications et sans gros investissement.

Avantages: grande facilité d'emploi; qualité; polyvalence.
Inconvénient: le prix.


La lumière

Comme nous l’avons mentionné à plusieurs reprises, l’augmentation du tirage qui permet d’atteindre de forts rapports de grandissement sans perte de qualité se traduit par une forte, voire très forte, absorption de lumière. L’utilisation de bonnettes ou la prise de vues à de faibles rapports de grandissement (moins de x0,5) sont donc vivement conseillées pour profiter de la lumière naturelle et, partant, avoir le moins de soucis.

Un trépied ou un monopode sont également recommandés, pour ne pas dire indispensables, car, outre la stabilité qu’ils procurent, ils permettent d’employer des vitesses assez lentes et donc des ouvertures de diaphragme plus petites qui augmentent sensiblement la profondeur de champ [Voir les conseils pratiques "Stabilité à la prise de vues"]. Un réflecteur est un accessoire souvent négligé alors qu’il améliore grandement la qualité des photos. Etant donné qu’il s’agit de petits sujets, un réflecteur de petites dimensions que l’on peut aisément glisser dans le fourre-tout sera amplement suffisant (carton d’une vingtaine de centimètres, blanc d’un côté, recouvert de papier aluminium de l’autre). Même si le sujet est bien éclairé, n’oubliez pas que le réflecteur sera aussi particulièrement utile pour donner un appoint de lumière sur le fond; il est en effet fort peu esthétique que le fond soit noir ou très sombre, ce qui arrive très fréquemment.

Dès que le rapport de grandissement est égal ou supérieur à 1 ou en cas d’augmentation du tirage par bagues-allonges ou soufflet, le recours au flash est incontournable... et tout se complique terriblement! Nous n’en traiterons donc pas ici.

Signalons simplement que l’emploi d’un flash incorporé ou monté sur le capot de l’appareil est impossible, que l’exposition automatique donne généralement de piètres résultats, qu’il est souvent nécessaire d’utiliser plusieurs flashs et que seules de nombreuses expérimentations avec prise de notes permettront d’obtenir des résultats valables.

En bref et en conclusion, on ne s’improvise pas "macrophotographe".





Photos Gérard Desroches



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